L’alliance des soins de support et des traitements contre le cancer : comprendre une approche globale

Du réconfort, des repères, des ressources pour avancer

Des soins "à côté" ou "au cœur" du traitement ?

On entend parfois que les soins de support seraient optionnels, à la marge du parcours de soin dit “cœur de métier” : la lutte contre la tumeur. Pourtant, depuis 2010, l’INCa (Institut National du Cancer) place officiellement les soins de support au même rang que les traitements médicaux dans la prise en charge globale du cancer (e-cancer.fr). La raison ? Les études concordent : la qualité de vie, l’observance des traitements et parfois même leur efficacité sont améliorées lorsque soins de support et thérapies médicales sont pensées ensemble, dès le premier jour.

Quels types de soins de support et à quel moment ?

Les soins de support couvrent un large champ : soutien psychologique, prise en charge de la douleur, accompagnement nutritionnel, activité physique adaptée, soins esthétiques, aide sociale… Leur articulation avec les traitements dépend du moment du parcours et des besoins exprimés.

À l’annonce du diagnostic : accueillir et informer

Pendant les traitements : prévenir, soulager, soutenir

Après les traitements : reconstruire et prévenir les séquelles

Concrètement, comment s’organise la coordination ?

L’une des grandes avancées en France ces dix dernières années est la reconnaissance du caractère pluridisciplinaire de ces soins. Leur intégration existe désormais à chaque étape du parcours de soin.

  1. Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) Dès le diagnostic, le dossier du patient est présenté en RCP (au moins un oncologue, un radiothérapeute, un chirurgien, selon la pathologie). Les besoins en soins de support sont évalués lors de ces réunions, et parfois un professionnel “référent” (infirmier, psychologue, assistant social) est désigné.
  2. Plan personnalisé de soins (PPS) Chaque patient bénéficie d’un PPS (en théorie systématique depuis 2011) : il mentionne les traitements médicaux mais aussi les soins de support adaptés, les coordonnées de personnes ressources, les dispositifs associatifs de proximité. En 2022, 86% des centres autorisés à traiter le cancer ont déclarés proposer un PPS (INCa).
  3. Entretien infirmier de coordination L’infirmier(e) clinicien(ne) ou coordinateur reçoit le patient en entretien, fait le point sur les difficultés éventuelles et met en place les soins de support : orientation vers un diététicien, un psychologue, un service social.
  4. Réseaux et plateformes territoriales De nombreux territoires bénéficient de plateformes d’accompagnement ou réseaux « ressource » (ex : Réseau ONCORIF en Île-de-France) qui organisent la continuité entre l’hôpital et la ville.

Des bénéfices connus… mais une accessibilité perfectible

Malgré les recommandations, l’accès aux soins de support reste encore inégal. L’Observatoire sociétal des cancers indique qu’en 2021, seul 1 malade sur 2 s’est vu proposer un suivi psychologique systématique, et 23% n’avaient jamais été informés des dispositifs existants (source : Ligue contre le Cancer).

Comment s’informer et accéder aux soins de support ?

Pour les patients et leurs proches, trouver et activer ces ressources n’est pas toujours intuitif – alors même que des solutions existent.

Prendre sa place dans un parcours global : une responsabilité partagée

L’articulation entre traitements médicaux et soins de support ne relève pas du « confort » ou de l’accessoire : c’est la clé d’un accompagnement réellement centré sur la personne, respectueux de ses besoins et de ses ressources. Si la plupart des professionnels restent le moteur de cette coordination, patients et proches ont aussi un rôle à jouer en osant exprimer leurs difficultés ou leurs envies. Les droits évoluent, les ressources s’élargissent ; prendre ou reprendre sa place tout au long du parcours contribue à faire avancer la reconnaissance de ces soins pour tous.

Retrouver l’information, oser s’en saisir et échanger avec l’équipe soignante : chaque étape compte pour mettre toutes les chances de son côté.

Sources : INCa, Ligue contre le Cancer (baromètres), SFNEP, Observatoire sociétal des cancers, rapport Adocare/INCa 2020, JAMA Oncology 2022, Institut Curie, Réseau ONCORIF, CEW France.