Où trouver en France une offre complète de soins de support dédiée à l’oncologie thoracique ?

16 décembre 2025

Le cancer du poumon et les autres cancers thoraciques bouleversent les équilibres de vie. Cela n’est plus à démontrer : le seul traitement médical ne suffit plus à garantir la qualité de vie pendant la maladie. Près de 50 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année en France (Santé Publique France, 2023). Ce chiffre place la pathologie en 2e position des cancers les plus fréquents, aussi bien chez l’homme que chez la femme.

Épuisement, perte d’appétit, isolement, détresse psychologique, impact financier : la maladie engage tout l’être et toute la famille. Les soins de support deviennent alors incontournables. Ils désignent tous les accompagnements qui visent à prévenir ou limiter les conséquences du cancer et de ses traitements : soins de bien-être, soutien psychologique, adaptation alimentaire, activité physique adaptée, soutien social, prise en charge des douleurs, etc.

  • 60 % des patients en oncologie thoracique déclarent ressentir un niveau de fatigue invalidant.
  • Plus de 30 % de dénutrition au diagnostic, ce qui rend la diététique cruciale dès l’annonce.
  • Les troubles anxiodépressifs touchent environ 40 % des patients (sources : INCa, Société Française de Pneumologie).

Pourtant, accéder à une offre structurée et complète de soins de support n’est pas toujours évident. De grandes disparités existent selon les régions, les hôpitaux, et la notoriété des établissements.

Un « établissement à offre complète » propose, en un même lieu ou grâce à un réseau coordonné, l’intégralité des besoins suivants :

  • Équipe pluridisciplinaire (oncologues, pneumologues, infirmiers, psychologues, diététiciennes, assistants sociaux…)
  • Accès aux soins de bien-être : socio-esthétique, activité physique adaptée, sophrologie, relaxation, musicothérapie…
  • Accompagnement social et aide aux démarches administratives
  • Dispositif d’annonce suivi d’un plan personnalisé de soins (PPS)
  • Possibilité de prendre part à des groupes de parole ou ateliers collectifs
  • Liens avec les associations ou réseaux d’aidants
  • Possibilité de soins palliatifs précoces et d’accès à la douleur

En pratique, seuls certains centres remplissent intégralement ces critères, souvent des structures référentes en cancérologie ou dotées d’Unité de Coordination en Oncologie (UCOG).

Plusieurs établissements publics et privés à but non lucratif sont pionniers en oncologie thoracique et dans l’offre de soins de support.

Établissement & Localisation Particularités de leur offre Source / Liens utiles
Gustave Roussy (Villejuif, Île-de-France) - Unité de soins de support intégrée depuis 2005 - Parcours personnalisé : PPS informatisé - Espace Psycho-social, diététique, kinésithérapie, APA, sophrologie, équipe douleur - Programme « Vivre après un cancer thoracique » Site Gustave Roussy
Centre Léon Bérard (Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes) - Parcours d’oncologie thoracique dédié - Plateforme de soins de support coordonnée (Espace Pyramide) - Permanence sociale et psychologique, accès APA, ateliers de gestion du stress - Consultation douleur, soins de support palliatifs précoces Site CLB
Institut Paoli-Calmettes (Marseille, PACA) - Unité de soins de support transversale - Dispositif Échanger et Agir (groupes de patients) - Accompagnement diététique et conseils de vie adaptés au cancer thoracique - Partenariats associations locales pour l’APA et soins de bien-être Site IPC
CHU de Nantes – Institut de Thoracologie et d’Oncologie Thoracique - Offre de soins coordonnée, pluridisciplinaire - Programme Cancer du Poumon spécifique, diététique systématique, kinésithérapie, hygienne de vie - Équipe mobile douleur et soins palliatifs précoces Site CHU Nantes
Institut Curie (Paris) - Module global de soins de support pour patients en oncologie thoracique - APA, sophrologues référents, psychologues dédiés au cancer du poumon - Accueil social, ateliers collectifs mensuels et partenariat avec France LUNG Institut Curie

En région, d’autres CHU et établissements privés (IHU Strasbourg, CHU Grenoble, Lille, Tours…) proposent des parcours similaires, parfois centrés sur la pneumologie ou le cancer thoracique, intégrant les dispositifs d’annonce et de suivi coordonné. Le réseau ONCO-Occitanie ou la Structure Régionale d’Appui (SRA) ONCO-Normandie mettent à disposition des cartographies à jour des ressources régionales.

Aujourd’hui, moins d’un tiers des patients en oncologie thoracique sont suivis dans des centres labellisés « de référence » (source : INCa, Plan Cancer 2018-2023). Les soins de support doivent aussi s’inventer ailleurs.

  • Les réseaux régionaux de cancérologie (ONCO-AURA, ONCOPACA-Corse, Réseau ONCO-OC, ONCORIF…) ont pour mission d’aiguiller patients comme professionnels vers les ressources de leur territoire.
  • Le portail structurant d’UNICANCER référence les soins de support par pathologie via une carte interactive (soins-supports.unicancer.fr).
  • De plus en plus d’établissements de proximité (hôpitaux généraux, cliniques) tissent des partenariats avec maisons de patients, associations (RoseUp, La Ligue contre le Cancer, Souffle d’Espoir, etc.) pour proposer ateliers de relaxation, soins socio-esthétiques ou aides psychologiques temporaires.

Même en dehors des grandes villes, il existe donc des solutions, souvent peu connues. Solliciter le service social, l’infirmier référent ou le médecin reste la meilleure porte d’entrée pour orienter la démarche.

De nombreux patients ignorent qu’ils peuvent exprimer des besoins spécifiques, en dehors du strict suivi médical. Voici les points à questionner ou réclamer, quelle que soit la structure où le traitement a lieu :

  • Existe-t-il une consultation de soins de support ou une structure dédiée dans l’établissement ?
  • Qui est l’interlocuteur référent pour l’organisation (infirmière coordinatrice, assistante sociale…)?
  • Des ateliers collectifs sont-ils proposés ? Le calendrier est-il affiché quelque part ?
  • L’hôpital ou la clinique a-t-elle des partenariats associatifs ? (Pour l’APA, la socio-esthétique, etc.)

Certaines demandes peuvent être renouvelées, notamment lors du Plan Personnalisé de Soins (PPS). Il reste possible d’obtenir des rendez-vous extérieurs en structure ou à domicile via prescription médicale, pris en charge à 100 % en Affection Longue Durée.

L’innovation numérique permet d’élargir l’accès aux soins de support.

  • Mise en place de téléconsultations psychologiques ou diététiques : la plateforme OncoAide propose des e-consultations et ateliers en ligne sur tout le territoire français.
  • Depuis 2022, plusieurs régions testent des programmes d’activité physique adaptée à domicile (financés par l’Assurance Maladie ou la CPAM locale).
  • Certaines associations (La Ligue, Souffle d’Espoir, etc.) mettent à disposition des interventions gratuites à domicile pour zones dépourvues.

Les plateformes téléphoniques “Allô Cancer Info” (0 810 810 821) ou Cancer Info Service (en partenariat avec l'INCa) renseignent également sous 48h sur la disponibilité d'un psychologue, d'un assistant social ou d'un atelier dans votre secteur.

Souvent oubliés, les accompagnants peuvent eux aussi bénéficier de certains soins de support. Plusieurs établissements cités ci-dessus invitent les proches aux ateliers relaxation, diététique, groupes de parole ou “espaces ressources” ouverts à tous. Certaines associations proposent des lignes dédiées, des ateliers d’information, de formation à l’accompagnement à domicile.

  • Le programme “Proches à mes côtés” du Centre Léon Bérard
  • L'espace “Parents-Mal-ados” de l’Institut Paoli-Calmettes
  • Les actions “Aidants” relayées par RoseUp ou La Ligue contre le cancer (ateliers, webinaires…)

L’implication des proches dans la démarche de soins de support accélère l’adhésion des patients, diminue leur isolement et réduit les complications psycho-sociales.

L’offre de soins de support en oncologie thoracique s’enrichit chaque année, mais l’accès n’est pas toujours automatique ni homogène.

  • Se rapprocher d’une structure identifiée (centres référents, plateformes Unicancer, réseaux régionaux) maximise l’accès à une offre globale et coordonnée.
  • Les associations, dispositifs numériques et initiatives locales agissent en précieux relais partout en France.
  • Nulle demande n’est “de trop” : exprimer ses besoins de soutien, même en dehors du parcours hospitalier habituel, fait partie intégrante de la prise en charge.

L’information évolue. N’hésitez pas à compléter votre recherche directement via la carte interactive de l’INCa et des réseaux régionaux (e-cancer.fr), ou à solliciter les plateformes patients.