Soins de support en oncologie : la clé d’une prise en charge globale aux mains des équipes

Du réconfort, des repères, des ressources pour avancer

Aux origines : pourquoi l’orientation vers les soins de support est-elle cruciale ?

Les soins de support regroupent tout ce qui accompagne les traitements spécifiques du cancer : démarche psychologique, prise en charge alimentaire, activité physique adaptée, conseils sociaux, soins esthétiques, soutien par la parole collective, interventions de la douleur… Historiquement, ces offres sont récentes : elles se sont structurées surtout dans les années 2000 avec le 1 Plan Cancer en France (INCa).

Selon l’INCa, 1 patient sur 2 continue pourtant d’ignorer l’existence d’au moins un type de soin de support lors de son parcours, alors que leur efficacité sur la qualité de vie et parfois sur la tolérance aux traitements n’est plus à prouver (INCa, « Soins de support »).

L’enjeu n’est donc pas simplement d’offrir, mais de faire parvenir ces soins à ceux qui en ont le plus besoin.

Qui sont les acteurs de l’orientation ? Un travail d’équipe

L’orientation vers les soins de support en oncologie mobilise une pluralité de professionnels ; ce relais ne tient pas à la seule vigilance du médecin oncologue, mais à une vigilance collective. Les acteurs principaux sont :

Dans les établissements labellisés “cancer”, la présence de Réunions de Concertation Pluridisciplinaire “soins de support” ou “symptomatiques” est un levier précieux. Selon une enquête menée en 2022 auprès de 143 services d’oncologie, 78 % déclarent faire intervenir systématiquement un professionnel non-médical (infirmier, psychologue, assistante sociale) dans l’évaluation initiale (Société Française de Psycho-Oncologie).

Repérage, besoins et outils : comment s’organise l’orientation ?

L’évaluation dès l’annonce

Le “dispositif d’annonce” instauré depuis 2005 (Loi Cancer, plan INCa) offre un premier point d’appui. Il articule consultation médicale, entretien individuel, remise d’un plan personnalisé, puis entretien avec une infirmière d’annonce qui évalue :

C’est souvent lors de ce “temps soignant” que les premiers contacts sont pris : proposition de rencontrer un psychologue, orientation vers une diététicienne, information sur les dispositifs associatifs, etc. La liste n’est jamais fermée : selon la personne, l’orientation peut concerner des ateliers collectifs, un soutien à domicile, ou encore une aide pour les démarches administratives.

Les outils de repérage

Dans la pratique, plus de 60 % des centres proposent aujourd’hui un entretien d’évaluation spécialisé en soins de support dans les trois premiers mois d’un diagnostic (Ligue contre le Cancer).

Quand l’hôpital fait équipe avec la ville : la question de la coordination

Même si la majorité des soins de support s’organise à l’hôpital, nombre d’interventions se passent désormais “en ville” ou en association, surtout lorsque la maladie se chronicise ou que le retour à domicile s’organise.

La loi “Ma Santé 2022” incite à une meilleure articulation entre les structures : réseaux territoriaux d’oncologie, plateformes de coordination en soins de support, maisons de santé, mais aussi associations comme la Ligue contre le cancer, qui offre dans 103 comités départementaux au moins un atelier de soins de support ouvert aux patients suivis en ambulatoire (Ligue contre le Cancer).

Enjeux et freins dans l’accès aux soins de support

Obstacles majeurs

Facteurs qui favorisent l'accès

Les nouveaux défis : numérique, personnalisation, parcours long

Des évolutions récentes contribuent à modifier la façon dont l’orientation s’opère :

Point d’attention : seules 42 % des personnes ayant terminé un traitement bénéficient d’un entretien de soins de support dans l’année suivant la rémission, alors que la demande progresse nettement (INCa, “Vivre après un cancer”).

Orientation et humanité : au cœur de la relation soignant-patient

En filigrane, une évidence se dessine : l’orientation vers les soins de support ne relève pas d’une simple formalité administrative. Elle s’incarne dans la qualité de l’écoute, la capacité à observer ce qui ne s’exprime pas d’emblée, la confiance instaurée entre soignants, patients et proches.

Parfois, un simple “Vous semblez fatigué ces derniers temps, avez-vous pensé à rencontrer notre équipe de soins de support ?” suffit à déclencher une prise en charge qui change le cours du vécu du cancer. Il s’agit d’un compagnonnage : proposer, expliquer, parfois reformuler, toujours adapter au patient, dans sa globalité de personne. Car, pour de nombreux patients et leurs proches, la découverte de ces ressources est un point d’appui concret dans un parcours semé d’incertitudes.

À mesure que la médecine anticipe et élargit la définition du “prendre soin”, l’orientation vers les soins de support devient un enjeu central de la cancérologie moderne – pour que personne ne soit laissé au bord du chemin, face à ses seuls traitements.