Adapter les soins de support en oncologie : entre adolescence, vieillesse et accompagnement en EHPAD

Du réconfort, des repères, des ressources pour avancer

Comprendre l’essence : pourquoi adapter les soins de support selon l’âge ?

Les soins de support englobent tout ce qui complète les traitements contre le cancer pour préserver la qualité de vie : soutien psychologique, prise en charge de la douleur, accompagnement social, activités physiques adaptées, nutrition, aide dans la vie quotidienne, mais aussi soins de socio-esthétique ou d’art-thérapie. Leur efficacité repose sur la personnalisation. Les besoins d’un adolescent ne sont pas ceux d’une personne très âgée. Les modalités, la fréquence, et même la nature du soutien doivent évoluer.

Dans son rapport 2022, l’Institut National du Cancer (INCa) met en avant l’inégalité d’accès aux soins de support selon l’âge : moins d’un quart des jeunes patients accèdent à une prise en charge globale adaptée à leurs besoins spécifiques (source : INCa). Chez les plus âgés, seuls 27 % déclarent avoir bénéficié d’un bilan de fragilité à l’entrée dans le parcours de soins (source : Etude SIRIC Marseille).

Les jeunes adultes : des besoins spécifiques encore trop invisibles

En France, chaque année, près de 2100 adolescents et jeunes adultes (15-24 ans) reçoivent un diagnostic de cancer (source : INCa). La période de l’entre-deux — ni tout à fait enfants, ni tout à fait adultes — concentre des vulnérabilités psychologiques, sociales et parfois scolaires uniques.

Les enjeux majeurs :

Quels accompagnements adaptés ?

Un chiffre qui parle : Plus de 65 % des jeunes patients interrogés par la Ligue contre le cancer se sentent insuffisamment informés sur leurs droits et les ressources que proposent les soins de support (source : Ligue contre le cancer, enquête Jeunes et cancer 2021).

Personnes âgées : la prise en compte de la fragilité et du projet de vie

Le cancer touche une population vieillissante : 60 % des nouveaux cas surviennent après 65 ans. Or, le parcours des patients âgés est trop souvent balisé par des pertes d’autonomie et des pathologies associées, qui modifient le vécu du traitement et la tolérance à la maladie.

Quels enjeux chez les seniors ?

Des outils au service de la personnalisation

Quelques chiffres : 67 % des patients de plus de 70 ans en parcours cancer présentent au moins deux pathologies associées (Société Francophone de Cancérologie Gériatrique). Après inclusion dans un parcours oncogériatrique, 80 % des patients bénéficient d’au moins un soin de support supplémentaire, contre 39 % hors filière coordonnée (source : ONCOGÉRIATRIE PACA).

Prendre soin des personnes en EHPAD : vers un accès plus équitable aux soins de support

Les résidents d’EHPAD forment une population particulièrement vulnérable, souvent polypathologique, et pour laquelle le maintien du sens et du plaisir dans le quotidien a autant de valeur que le traitement curatif. Néanmoins, trop souvent, l’accompagnement en soins de support manque de moyens ou d’organisation.

Freins structurels :

Des démarches innovantes émergent

Une étude menée dans 12 EHPAD de la région Île-de-France montre que la mise en place d’un programme structuré de soins de support permet une amélioration de 38 % de l’échelle de confort et de bien-être rapportée par les résidents dans les 6 mois qui suivent le diagnostic (source : ARS Île-de-France, 2022).

Coordination et innovations : vers une réponse graduée

L’un des freins majeurs reste la fragmentation de l’offre et le manque de coordination. L’enquête nationale de l’INCa révèle qu’en 2023, la moitié des patients (tous âges confondus) ne savent pas nommer un professionnel référent en soins de support. Les solutions émergent à plusieurs niveaux :

Un fait marquant : la satisfaction à l’égard des soins de support est deux fois plus élevée lorsque les patients déclarent être informés sur toutes les ressources existantes dans leur territoire de soins (Baromètre Connaissance et Parcours Cancer, 2023).

Pour aller plus loin : recommandations et ressources pour chaque situation

La clé, quels que soient l’âge ou le lieu de vie, réside dans la capacité à s’informer, solliciter, et parfois réclamer les ressources dont on peut bénéficier. Il ne s’agit pas de “demander plus” mais de demander “mieux adapté à sa situation”.

L’intégration des soins de support continue de progresser, portée par la demande des patients eux-mêmes, de leurs proches et par l’engagement de nombreuses équipes. Le regard de la société change : le soin ne se limite plus à guérir ou prolonger la vie, mais à la rendre pleinement vivable à chaque âge et dans chaque contexte.

Sources : INCa, Ligue contre le Cancer, ONCOGÉRIATRIE PACA, ARS Île-de-France, Baromètre Connaissance et Parcours Cancer, Etude SIRIC Marseille, UNICANCER, Association AJA.