Quand une personne intègre une structure comme un EHPAD, une unité de soins palliatifs ou un établissement hospitalier en toute fin de parcours, la question de l’accompagnement ne concerne pas uniquement le résident. Les familles, confrontées à l’imminence de la séparation, traversent un ensemble d’émotions souvent contradictoires : tristesse, colère, culpabilité, soulagement parfois. S’ajoutent à cela des questionnements logistiques, un sentiment d’impuissance ou encore la crainte de ne pas « faire assez ».
En France, 80 % des décès se produisent dans des structures médicalisées ou hospitalières (INSEE, 2022). Dans près de la moitié des cas, la famille se trouve, qu’elle le veuille ou non, au cœur de l’accompagnement – y compris au niveau administratif, émotionnel et pratique. Cet enjeu est d’autant plus aigu que la législation française pose depuis 2005 le « droit à l’accompagnement de la fin de vie » (Loi n°2005-370) : il s’agit d’une responsabilité collective, pas d’un acte isolé.