Évaluation de la douleur : des outils, mais un manque d’homogénéité
La clef d’une prise en charge adaptée, c’est l’évaluation régulière de la douleur. Des outils existent, comme l’échelle numérique, l’échelle verbale simple, ou des outils dédiés au public âgé non communicant (DOLOPLUS 2, Algoplus, etc.). Mais leur utilisation dépend fortement :
- De la formation du personnel, souvent inégalement répartie.
- Du temps disponible, alors que le ratio soignant/résident en EHPAD demeure faible.
- De la culture institutionnelle : certains établissements ont intégré le suivi de la douleur dans leur routine, d’autres moins.
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé insistent sur la nécessité de tracer systématiquement l’évaluation de la douleur, mais un rapport de l’ANESM (2017) montrait que moins de 30% des dossiers de résidents en EHPAD comportaient une évaluation formalisée de la douleur.
Prescriptions et traitements : une approche souvent prudente… parfois trop
Le traitement de la douleur cancéreuse nécessite parfois l’utilisation de morphiniques ou d’autres antalgiques forts. En EHPAD, les prescriptions restent souvent très prudentes, par peur des effets secondaires (chutes, confusion, dépression respiratoire…). Selon la Revue du Praticien, les morphiniques ne représentent que 8% des prescriptions antalgiques en EHPAD, bien moins qu’en oncologie spécialisée.
L’ajustement des doses, la surveillance rapprochée, et la capacité à réagir à une aggravation de la douleur nécessitent une collaboration étroite avec les médecins traitants, les infirmiers coordonnateurs et les équipes mobiles de soins palliatifs.