Les textes officiels : un cadre réglementaire renforcé ces dernières années
Depuis la loi « douleur » de 1999 et les plans cancer successifs, les EHPAD sont invités à repenser leur accompagnement autour du confort, de l’autonomie et du respect de la dignité. L’intégration des soins de support trouve son fondement dans l’article L.312-1 du Code de l’action sociale et des familles, qui impose une prise en charge globale des besoins de la personne âgée. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) rappellent régulièrement la nécessité de plans personnalisés, intégrant la gestion des symptômes et l’accompagnement psychologique, social et spirituel.
Des disparités marquées entre établissements
Cependant, sur le terrain, de fortes disparités se font sentir. D’après l’étude PREDICT (2021), 73 % des professionnels estiment que leur établissement propose des soins de support, mais seuls 39 % des résidents en bénéficient effectivement de façon régulière. Plusieurs freins expliquent cette situation :
- Manque de moyens humains et financiers
- Taux d’encadrement des soignants en tension (1 soignant pour 2 à 3 résidents en moyenne, DREES 2022)
- Faible accès à la formation continue sur les enjeux spécifiques du cancer et des soins de support en gériatrie
- Inégale implication des familles et du corps médical
- Logique « médico-hôtelière » des EHPAD parfois prioritaires sur la qualité de vie
Certains territoires tentent toutefois d’innover (ex. : expérimentation « EIG : Équipe Interdisciplinaire Gériatrique » en Île-de-France, ARS IDF).